Création à l’université et rencontres discursives
20 avril 2026
Les cadres du dialogue arts-sciences
Salon Préclin
UFR SLHS
Organisation
Anne-Lise Solanilla (Université Paris 8; CRIT, UMLP) avec l’aide d’Ellen Collier (CRIT, UMLP)

Programme
9h30-10h
Accueil et introduction de la journée
10h-11h30
Méthodologies créatives et écritures de la recherche
Table ronde avec :
– Carolane Sanchez (MCF, Université Marie et Louis Pasteur, ELLIAD)
– Julia Peslier (MCF, Université Marie et Louis Pasteur, ELLIAD) (sous réserve)
– Marianne Boiral (artiste photographe, membre rattachée à ELLIAD, Université Marie et Louis Pasteur)
– Joëlle Karche (Doctorante, Université Marie et Louis Pasteur, ELLIAD)
– Manolo Onnis (Doctorant, Université Marie et Louis Pasteur, C.R.I.T.)
11h30-12h30
Médiations et dialogues de la recherche avec les publics
Présentation des activités de médiation scientifique et des projets arts-recherche du service science, arts et culture de l’UMLP et retours critiques sur les actions engagées
puis mise en situation de médiation avec le dispositif « Salon de la voyance », avec :
– Lucie Vidal, chargée de projets
– Jérémy Querenet, médiateur scientifique et directeur du service sciences, arts et culture
12h30-14h
Pause déjeuner
14h-15h30
Co-conceptions, rencontres et collaborations entre arts et science
Discussion autour des résidences artistiques en milieu universitaire avec les artistes actuellement en résidence :
– Sidonie Bilger (en résidence à l’UMLP) (à distance)
– Dewi Brunet (en résidence à l’UMLP) (à distance)
15h30-16h
Discussions et conclusion de la journée
Présentation
Aujourd’hui, la création entre dans les différents départements universitaires, dans les classes et les amphithéâtres ; elle est mobilisée par la médiation scientifique, dans les pratiques d’enseignement et jusque dans la recherche elle-même. Un tel phénomène invite à observer la façon dont les différents discours attachés aux contextes et aux pratiques évoqués sont eux aussi modifiés, traduits ou hybridisés par ce paradigme. Quelles formes prennent ces contacts discursifs, comment sont-ils autorisés ou contraints, et quels en sont les enjeux ?
Cette journée d’étude propose aborder le principe du dialogue discursif par la création à l’université au travers de plusieurs axes transversaux :
- Méthodologies créatives et écritures de la recherche : La création peut permettre d’approcher un objet d’étude selon des méthodologies différentes. Celles-ci passent souvent par l’entremêlement de plusieurs médiums et pratiques, instaurant un dialogue qui peut être intermédial et/ou interdiscursif, comme c’est le cas pour le carnet créatif du chercheur par exemple, qui mêle, dès le stade initial de la recherche, plusieurs façons d’aborder l’objet d’étude (dessin, poésie, fiction, etc.). De telles questions sont à rattacher non seulement à la production du savoir mais aussi à la publication de la recherche elle-même : l’emploi de la création devient le moyen d’écrire la recherche autrement, en employant des techniques discursives qui peuvent aller de l’autoethnographie à l’écriture fictionnelle ou poétique. Ces écritures sont toutefois soumises à des contraintes institutionnelles fortes, souvent remarquées par les jeunes chercheurs. Quelles sont les éventuelles possibilités et contraintes de l’institution quant aux transformations du discours scientifique au contact de la création ? Notre conception institutionnelle de la recherche universitaire permet-elle une production plus créative du savoir, et, si oui, comment penser la production épistémique de ces dialogues discursifs et intermédiaux ?
- Médiations et dialogues de la recherche avec les publics : On emploie souvent des méthodes créatives pour faire circuler les savoirs différemment, comme dans le cas de la médiation scientifique. Une telle approche vise notamment à faire dialoguer des publics – notamment des publics normalement éloignés de l’université. Cette médiation peut prendre la forme d’expositions, d’interventions ou de supports médiatiques alternatifs, qui demandent aux chercheurs d’adapter leurs discours en fonction des publics visés. La création peut aussi aller au-delà de la médiation des publics, pour tester des modalités de rencontres discursives avec divers publics, comme c’est le cas de la recherche-création participative ou la recherche-action. Dans ces cas-là, il s’agit moins de transmettre un savoir, que de tenter une co-création des savoirs qui cherche notamment à entremêler la voix du chercheur à celle des participants. Quelle forme prennent de telles démarches, et comment la création transforme-t-elle le discours du savoir auprès de ces publics ?
- Co-conceptions, rencontres et collaborations entre arts et sciences : Les collaborations créatives entre plusieurs départements se multiplient, notamment entre les disciplines considérées comme appartenant aux « sciences dures » et ceux qui étudient et pratiquent la création, comme le design ou les arts du spectacle. Il est intéressant de constater que de telles collaborations aboutissent souvent à la création d’un langage commun, point de contact entre des vocabulaires distincts. Par ailleurs, la multiplication des résidences d’artistes à l’université permet notamment à des scientifiques de collaborer avec des artistes pour créer des objets hybrides entre recherche et art. Ces collaborations doivent aussi se penser depuis le principe d’une circulation discursive altérée ou transformée, puisqu’elles exigent des deux acteurs qu’ils adaptent leurs discours et leurs objectifs l’un à l’autre pour trouver un terrain d’entente commun.
Cette journée d’étude a donc pour but d’engager la réflexion à propos de la création à l’université depuis le cadre des rencontres discursives qu’elle engendre.
Organisation :
Anne-Lise Solanilla (Université Paris VIII)
Avec l’aide d’Ellen Collier (C.R.I.T., UMLP)
Avec le soutien de l’UR 3224 C.R.I.T. et de l’Université Marie et Louis Pasteur
